{"id":502,"date":"2020-09-30T22:41:26","date_gmt":"2020-09-30T21:41:26","guid":{"rendered":"https:\/\/kerem.fr\/?p=502"},"modified":"2020-09-30T22:41:56","modified_gmt":"2020-09-30T21:41:56","slug":"roch-hachanah-5781-francois-garai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kerem.fr\/?p=502","title":{"rendered":"Roch Hachanah 5781 : Fran\u00e7ois Gara\u00ef"},"content":{"rendered":"\n<p><em>La catastrophe, <\/em>disait Walter Benjamin,<em> c&rsquo;est quand les choses suivent leur cours<\/em>. Or cette ann\u00e9e nous avons fr\u00f4l\u00e9 la catastrophe car les choses n&rsquo;ont pas suivi leur cours. Le Coronavirus s&rsquo;est r\u00e9pandu comme une nu\u00e9e au-dessus de nous et en a agress\u00e9 des centaines de milliers.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie nous a fait d\u00e9couvrir des termes qui nous \u00e9taient \u00e9trangers comme: <em>distanciation sociale<\/em>, <em>gestes barri\u00e8res<\/em> et d&rsquo;autres encore que nous avons red\u00e9couverts comme <em>confinement<\/em>, <em>quarantaine<\/em> ou certains dont l&rsquo;usage est devenu quotidien alors qu&rsquo;ils \u00e9voquaient des jours carnavalesques comme le <em>masque<\/em>, habituellement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 Pourim.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces termes connus ou inconnus ont cr\u00e9\u00e9 un environnement anxiog\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Distanciation sociale<\/em> ne voulait pas dire s&rsquo;\u00e9loigner des autres mais nous invitait \u00e0 affirmer notre proximit\u00e9 avec les autres, en marquant une certaine distance spatiale avec eux pour que nous puissions continuer \u00e0 nous c\u00f4toyer.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Geste barri\u00e8re<\/em> qui n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 pour marquer des espaces diff\u00e9renci\u00e9s, mais pour nous inviter \u00e0 inventer une proximit\u00e9 relationnelle d&rsquo;une autre fa\u00e7on que par le pass\u00e9, moins corporelle, mais tout aussi affectueuse.<\/p>\n\n\n\n<p>La <em>quarantaine<\/em> \u00e9tait une notion li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;histoire du Moyen Age lorsque s\u00e9vissaient les \u00e9pid\u00e9mies de peste et de chol\u00e9ra. Alors que nous l&rsquo;avions oubli\u00e9, le Coronavirus nous a fait red\u00e9couvrir la normalit\u00e9 des choses: les maladies virales sont volatiles et insaisissables, elles se d\u00e9placent au gr\u00e9 du vent et des mouvements humains.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie s&rsquo;est r\u00e9pandue dans le monde, alors que nous avions oubli\u00e9 que cela pouvait \u00eatre. Le souvenir de la grippe aviaire H5N1, en 2008, avait quitt\u00e9 nos esprits. De ce fait, l&rsquo;\u00e9mergence du Coronavirus a \u00e9t\u00e9 ressentie comme une fragilisation de notre \u00eatre car, jusque-l\u00e0, nous avions un sentiment d&rsquo;invincibilit\u00e9 presque totale. Des personnesont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9es <em>\u00e0 risque<\/em>, comme si nous n&rsquo;\u00e9tions pas tous <em>fragiles <\/em>etvuln\u00e9rables. Nous avions oubli\u00e9 que notre corps d&rsquo;adultes s&rsquo;affaiblissait de jour en jour, imperceptiblement. Cela a remis en place nos pens\u00e9es et nous a fait red\u00e9couvrir non pas uniquement la fragilit\u00e9 de notre existence, mais aussi le rare bonheur de r\u00e9aliser que nous vivions, que chaque matin nous nous r\u00e9veillions et pouvions envisager une journ\u00e9e nouvelle de vie et d&rsquo;action, sauf durant le confinement lorsque certains se sont sentis d\u00e9connect\u00e9s et v\u00e9curent dans un grand d\u00e9sarroi.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette pand\u00e9mie qui nous d\u00e9stabilise, nous pouvons nous plaindre, nous pouvons dire que cela est injuste. Ces pens\u00e9es et ces paroles sont futiles. Elles r\u00e9v\u00e8lent notre c\u00e9cit\u00e9 et \u00e0 notre inad\u00e9quation \u00e0 penser sereinement notre normalit\u00e9 qui s&rsquo;exprime en deux mots: d\u00e9pendance et vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres termes peuvent nous faire fr\u00e9mir, comme celui de <em>tri<\/em>. Est-il possible de choisir entre les malades? Ce terme de <em>tri<\/em> en rappelle un autre, \u00e0 la descente d&rsquo;un train, sur une rampe qui menait aux baraquements pour ceux qui semblaient les plus forts, et aux chambres \u00e0 gaz pour ceux qui semblaient les plus faibles. Mais aujourd&rsquo;hui, Dieu merci, il est plus question de <em>hi\u00e9rarchisation<\/em> que de <em>tri<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Que dit notre Tradition si un choix ou une hi\u00e9rarchisation s&rsquo;imposent.<\/p>\n\n\n\n<p>Un midrach (Baba Metzia 62a) d\u00e9crit la situation suivante.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Deux personnes ext\u00e9nu\u00e9es et assoiff\u00e9es se trouvent dans le d\u00e9sert. N&rsquo;ayant plus assez d&rsquo;eau qui leur permettrait de rejoindre ensemble la prochaine oasis, les deux risquent de mourir de soif. Deux options sont possibles. Soit l&rsquo;un boira toute l&rsquo;eau qui reste, essaiera de rejoindre l&rsquo;oasis proche, \u00e9tanchera sa soif et rapportera de l&rsquo;eau \u00e0 celui qui est rest\u00e9 sur place. Soit, par souci d&rsquo;\u00e9galit\u00e9, les deux boiront la m\u00eame quantit\u00e9 d&rsquo;eau, sans espoir de survie, ni pour l&rsquo;un, ni pour l&rsquo;autre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ben Patira r\u00e9pond: que chacun boive et qu&rsquo;ils meurent tous les deux plut\u00f4t que l&rsquo;un assiste \u00e0 la mort de l&rsquo;autre. Puis vint rabbi Akiba qui enseigna:<\/em> <em>ta vie pr\u00e9c\u00e8de la vie de l&rsquo;autre car il est dit: \u00ab\u00a0et tu vivras avec lui\u00a0\u00bb <\/em>(L\u00e9v 25:37), ce qui veut dire que tu dois tout entreprendre pour sauver ta vie d&rsquo;abord puis, dans un second temps, la vie de l&rsquo;autre. C&rsquo;est donc celui qui a le plus d&rsquo;eau qui boira, puis essaiera de rejoindre l&rsquo;oasis proche pour ramener de l&rsquo;eau \u00e0 son compagnon.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres textes s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 donner une r\u00e9ponse \u00e0 la question: <em>qui doit \u00eatre sauv\u00e9 en premier?<\/em> Et le Talmud de donner une hi\u00e9rarchie des humains en ces termes: <em>Un homme a pr\u00e9s\u00e9ance sur une femme si leur vie est en danger et s&rsquo;il s&rsquo;agit de sauver leurs biens, mais une femme a pr\u00e9s\u00e9ance sur un homme s&rsquo;il faut la v\u00eatir ou payer une ran\u00e7on pour la lib\u00e9rer\u2026. <\/em>(Horayot 13a). Et dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9es, <em>un Sage a pr\u00e9s\u00e9ance sur un Roi car il y a toujours un descendant du roi qui peut porter la couronne, alors que lorsqu&rsquo;un Sage dispara\u00eet, il n&rsquo;a pas d&rsquo;h\u00e9ritier direct qui puisse prendre sa place et son savoir dispara\u00eet avec lui<\/em>. (Horayot 3:8)<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, penser qu&rsquo;il puisse y avoir une hi\u00e9rarchie dans ce type de situation nous laisse un go\u00fbt amer qui nous renvoie \u00e0 des consid\u00e9rations abyssales devant lesquelles nous sommes particuli\u00e8rement mal \u00e0 l&rsquo;aise. Car toute vie est sacr\u00e9e. Alors comment faire la diff\u00e9rence entre les uns et les autres?<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu du si\u00e8cle dernier, rabbi Avraham Yishayah Krelitz, le &lsquo;Hazon Isch, a dit: <em>si on a de l&rsquo;eau, on doit la donner \u00e0 la premi\u00e8re personne qui se trouve l\u00e0<\/em>. (Glosses sur Bava Metzion, Siman 2, 62a). Et plus loin il dit: <em>mais si deux personnes se pr\u00e9sentent en m\u00eame temps et que le m\u00eame diagnostic s&rsquo;applique aux deux, ils doivent \u00eatre trait\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on et gard\u00e9s en vie le plus longtemps possible. <\/em>Et plus tard, rabbi Chlomo Zalman Auerbach a d\u00e9clar\u00e9 que <em>l&rsquo;\u00e2ge ne doit pas entrer en ligne de compte pour savoir quoi faire dans les situations d&rsquo;urgence. Tous doivent avoir acc\u00e8s aux m\u00eames soins<\/em>. (Min&rsquo;hat Shlomo Tanina 86:1) Pourtant la discussion ne s&rsquo;arr\u00eate pas l\u00e0 et s&rsquo;appuie sur la phrase talmudique suivante: <em>une revendication qui peut \u00eatre mise en question doit laisser la place \u00e0 une revendication \u00e9vidente qui ne peut pas \u00eatre mise en question<\/em> (Pes 9a, Yevamot 19b, 38a, 38b; Avodah Zarah 41b,; &lsquo;Houlin 10a; Niddah 15b), ce qui veut dire qu&rsquo;<em>on doit secourir d&rsquo;abord celui qui est le plus en danger<\/em> <em>avant celui qui court un danger moindre<\/em> (<em>Un safek (doute\/h\u00e9sitation) n&rsquo;existe pas en cas de Pikoua&rsquo;h N\u00e9f\u00e8ch, Ttzitz Eliezer vol 9, 28:3)<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et de nombreux d\u00e9cisionnaires ajoutent qu&rsquo;en premier, le personnel m\u00e9dical doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9, car de lui d\u00e9pend la vie de nombreux individus. Pour arriver \u00e0 cette conclusion, le rabbin Eliezer Waldenberg reprend la formule de rabbi Akiba: <em>Ta vie a pr\u00e9s\u00e9ance sur la vie de l&rsquo;autre<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Choisir entre les uns et les autres est toujours un dilemme terrifiant puisque toute vie est sacr\u00e9e. Mais parfois des choix doivent \u00eatre faits, tout en sachant qu&rsquo;ils marqueront pour toujours, l&rsquo;esprit de celui ou de celle qui aura d\u00fb faire ce choix. Et de nombreux d\u00e9cisionnaires de notre temps concluent que: <em>affirmer que la vie d&rsquo;une personne a plus d&rsquo;importance que celle d&rsquo;une autre ne peut pas \u00eatre la seule r\u00e9f\u00e9rence pour trouver des r\u00e9ponses \u00e0 des situations dramatiques et urgentes<\/em>. (Feinstein, Iggerot Moch\u00e9 &lsquo;Hochen Michpat 2, 75;2)<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que dire et que faire?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut rappeler d&rsquo;abord l&rsquo;imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de ne mettre aucune vie en danger. La Torah propose une indication en donnant comme exemple, la construction d&rsquo;une maison, et dit: <em>Lorsque tu construis une maison neuve, tu feras une balustrade autour de ton toit afin que ta maison ne cause pas la mort au cas o\u00f9 quelqu&rsquo;un tomberait.<\/em> (Deut\u00e9ronome 22:8) Et, sur ce sujet, Ma\u00efmonide consacre un volume entier intitul\u00e9<em> Hlikhot Rotz\u00e9a&rsquo;h ouChemirat N\u00e9f\u00e8ch: Les lois concernant l&rsquo;assassin et la protection de la vie, <\/em>l&rsquo;assassin \u00e9tant celui qui porte atteinte \u00e0 la vie de l&rsquo;autre, volontairement ou involontairement. Dans cet ouvrage, il pr\u00e9cise que causer involontairement la mort d&rsquo;autrui est contrevenir \u00e0 deux commandements, l&rsquo;un positif qui d\u00e9coule de l&rsquo;obligation de construire ce fameux parapet, l&rsquo;autre n\u00e9gatif qui d\u00e9coule du verset: <em>tu ne verseras pas le sang <\/em>(Exode 23:18) (Hlikhot Rotz\u00e9a&rsquo;h ouChemirat N\u00e9f\u00e8ch 11:4 svt). Si nous devons donc tout mettre en \u0153uvre pour pr\u00e9server notre propre vie, notre devoir est \u00e9galement de tout mettre en \u0153uvre pour pr\u00e9server la vie d&rsquo;autrui.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est aussi cela que nous a rappel\u00e9 la pand\u00e9mie: la relation qui existe entre nous tous, proches ou lointains. Nous sommes responsables de nous, comme nous sommes responsables des autres. Nous devons nous prot\u00e9ger pour ne pas \u00eatre contamin\u00e9s, comme nous devons prot\u00e9ger les autres et ne pas les contaminer.<\/p>\n\n\n\n<p>Porter un masque n&rsquo;est pas agr\u00e9able. Mais cela est indispensable car cela prot\u00e8ge les autres; comme les autres, en le portant, nous prot\u00e8gent. Nous sommes tous interd\u00e9pendants. Chacun peut devenir le \u05e8\u05d5\u05d3\u05e3, le poursuivant, celui par lequel la mort peut frapper, et chacun doit tout mettre en oeuvre pour ne pas le devenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rabbins ont dit: \u05db\u05dc\u05be\u05d9\u05e9\u05e8\u05d0\u05dc \u05e2\u05e8\u05d1\u05d9\u05dd \u05d6\u05d4 \u05d1\u05d6\u05d4 <em>les juifs sont solidaires les uns des autres <\/em>(Sanhedrin 27b et Chevouot 39a<strong>). <\/strong>La responsabilit\u00e9 s&rsquo;arr\u00eaterait-elle au peuple juif?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9e, la Michnah (San 4:5) et le Talmud (San 37a) nous rappellent que \u05db\u05b8\u05bc\u05dc \u05d4\u05b7\u05de\u05b0\u05d0\u05b7\u05d1\u05b5\u05bc\u05d3 \u05e0\u05b6\u05e4\u05b6\u05e9\u05c1 \u05d0\u05b7\u05d7\u05b7\u05ea \u05de\u05b4\u05d9\u05b4\u05bc\u05e9\u05b0\u05c2\u05e8\u05b8\u05d0\u05b5\u05dc, \u05de\u05b7\u05e2\u05b2\u05dc\u05b6\u05d4 \u05e2\u05b8\u05dc\u05b8\u05d9\u05d5 \u05d4\u05b7\u05db\u05b8\u05bc\u05ea\u05d5\u05bc\u05d1 \u05db\u05b0\u05bc\u05d0\u05b4\u05dc\u05bc\u05d5\u05bc \u05d0\u05b4\u05d1\u05b5\u05bc\u05d3 \u05e2\u05d5\u05b9\u05dc\u05b8\u05dd \u05de\u05b8\u05dc\u05b5\u05d0 <em>qui d\u00e9truit une vie en Isra\u00ebl, c&rsquo;est comme s&rsquo;il d\u00e9truisait un monde entier<\/em>, texte \u00e9galement centr\u00e9 sur nous-m\u00eames. Aujourd&rsquo;hui, bien que le texte du Talmud soit inchang\u00e9, lorsque cette citation est \u00e9nonc\u00e9e, on dit: \u05db\u05b8\u05bc\u05dc \u05d4\u05b7\u05de\u05b0\u05d0\u05b7\u05d1\u05b5\u05bc\u05d3 \u05e0\u05b6\u05e4\u05b6\u05e9\u05c1 \u05d0\u05b7\u05d7\u05b7\u05ea, \u05de\u05b7\u05e2\u05b2\u05dc\u05b6\u05d4 \u05e2\u05b8\u05dc\u05b8\u05d9\u05d5 \u05d4\u05b7\u05db\u05b8\u05bc\u05ea\u05d5\u05bc\u05d1 \u05db\u05b0\u05bc\u05d0\u05b4\u05dc\u05bc\u05d5\u05bc \u05d0\u05b4\u05d1\u05b5\u05bc\u05d3 \u05e2\u05d5\u05b9\u05dc\u05b8\u05dd \u05de\u05b8\u05dc\u05b5\u05d0<em> qui d\u00e9truit une vie, c&rsquo;est comme s&rsquo;il d\u00e9truisait un <\/em><strong>monde entier<\/strong>. De m\u00eame la phrase rabbinique: \u05db\u05dc\u05be\u05d9\u05e9\u05e8\u05d0\u05dc \u05e2\u05e8\u05d1\u05d9\u05dd \u05d6\u05d4 \u05d1\u05d6\u05d4 <em>les juifs sont solidaires les uns des autres<\/em>, devient: \u05db\u05d5\u05dc\u05e0\u05d5 \u05e2\u05e8\u05d1\u05d9\u05dd \u05d6\u05d4 \u05d1\u05d6\u05d4 <em>nous sommes tous solidaires les uns des autres<\/em>, juif ou non-juif, proche ou lointain, autochtone ou \u00e9tranger, car nous sommes tous interd\u00e9pendants. M\u00eame si le texte reste inchang\u00e9, dans l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 oral, le particularisme laisse la place \u00e0 l&rsquo;universalisme et la responsabilit\u00e9 envers les n\u00f4tres est \u00e9largie pour s&rsquo;adresser \u00e0 tout le genre humain. La philosophie de Levinas est l\u00e0 pour nous le rappeler, elle qui peut se r\u00e9sumer ainsi: L<em>\u2019Autre m\u2019interpelle, me fait sortir de ma solitude et m\u2019impose un sentiment de responsabilit\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Or souvent, soucieux de nous-m\u00eames, nous oublions la responsabilit\u00e9 envers l&rsquo;ensemble de tout ce qui vit autour de nous, de pr\u00e8s ou de loin.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, nous ne pouvons pas dire que nous ne sommes pas responsables des autres comme nous ne pouvons pas nous d\u00e9fausser sur les autres pour excuser un rel\u00e2chement de notre part. Nous devons \u00eatre tous solidaires devant la pand\u00e9mie. Le tra\u00e7age qui a \u00e9t\u00e9 mis en place est le signe \u00e9vident de la responsabilit\u00e9 entre nous et les autres, et inversement.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne vivons plus au temps du ghetto. Nous vivons dans un monde connect\u00e9 non seulement virtuellement, mais dans la r\u00e9alit\u00e9 spatiale. Nous existons dans un espace non cloisonn\u00e9, ouvert aux autres. Nous c\u00f4toyons des inconnus, et nous n&rsquo;avons pas le droit de leur transmettre un virus qui risque de les tuer. Et eux n&rsquo;ont pas le droit de nous transmettre un virus qui peut \u00eatre synonyme de mort. Notre responsabilit\u00e9 s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 tous et porter un masque, c&rsquo;est affirmer cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Sachons au moins tirer cette le\u00e7on et, en nous prot\u00e9geant, prot\u00e9geons les autres afin que cette ann\u00e9e nous puissions renforcer les liens qui nous unissent et vivre sereinement les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9s des autres, pas trop pr\u00e8s ni trop loin, \u00e0 distance sans \u00eatre \u00e9loign\u00e9s, avec des barri\u00e8res et en relation.<\/p>\n\n\n\n<p>Et prot\u00e9geons notre corps de toute atteinte afin que notre \u00e2me continue \u00e0 nous habiter.<\/p>\n\n\n\n<p>Que cette ann\u00e9e soit bonne et soyez en bonne sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u05e9\u05e0\u05d4 \u05d8\u05d5\u05d1\u05d4 \u05d5\u05ea\u05d4\u05d9\u05d5 \u05d1\u05e8\u05d9\u05d0\u05d9\u05dd<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La catastrophe, disait Walter Benjamin, c&rsquo;est quand les choses suivent leur cours. 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